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 JUSTICE A GEOMETRIE VARIABLE

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Soustara
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Nombre de messages : 5474
Date d'inscription : 31/07/2005

MessageSujet: JUSTICE A GEOMETRIE VARIABLE   Ven 10 Oct - 17:46

Essalamou alaikoum
Article trouvé par ci par là en fouinant, et paraissant assez interessant.
Ecrit par un journaliste Sénégalais:
SOUDAN
La demande d’inculpation du président soudanais Omar El-Béchir ne plaît guère en Afrique. La communauté dite internationale ne frappe que les faibles, estime Le Quotidien de Dakar

La justice internationale a osé s’attaquer, pour la troisième fois, au président en exercice d’un Etat souverain, le Soudanais Omar El-Béchir*. Après le Serbe Slobodan Milosevic [élu en 1997, il fut inculpé en mai 1999 par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY)] et Charles Taylor [inculpé en mars 2003, alors qu’il occupait la présidence du Liberia]. Et, comme par hasard, cet homme mis au ban d’une supposée “communauté internationale”, qui se limite à cinq donneurs d’ordres et de leçons au monde entier, est africain et arabe. Il est donc ressortissant de ce que la conférence de Bandung a consacré sous le nom de “tiers-monde” depuis 1955. Il ne s’agit pas dans ce dossier de sombrer dans un réflexe de “solidarité africaine” pour défendre El-Béchir, ainsi que l’a prétendu un ­éditorialiste bien-pensant d’un quotidien parisien. Lui et son journal auraient aujourd’hui toute la crédibilité requise pour mettre en garde les dirigeants africains et arabes contre toute protection du président soudanais si, en d’autres circonstances, ils défendaient les mêmes principes pour tout le monde et en tout lieu. En réalité, ils sont dans un univers mental qui leur permet de transformer l’équité en principe à géométrie variable selon la tête et la provenance des individus concernés.
On peut bien lister les “crimes” commis par le président Omar El-Béchir dans la crise du Darfour. Il est évident que le Soudan a une grande part de responsabilité dans ce qui se passe sur son territoire. Il va de soi que, s’il existe des autorités liées au pouvoir central à Khartoum justement convaincues de crimes et d’atrocités sur des populations darfouries, elles doivent en payer le prix. Le problème est que la Cour pénale internationale (CPI) ne s’attaque jamais à des chefs d’Etat protégés par des puissances politiques ou financières. Depuis plusieurs années, le Congolais Denis Sassou-Nguesso est l’objet de dizaines de plaintes de ses compatriotes pour des crimes de masse. Mais parce qu’il est un grand ami de la France, un protégé de la multinationale française TotalFinaElf, qui exploite le pétrole congolais, personne, parmi ces messieurs de la CPI, n’ose déclencher de procédure à son encontre.
Il y a un génocide au Darfour ? Mais alors, dans quel registre faut-il classer les mille hommes, femmes et enfants massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila à Beyrouth sous la conduite de l’Israélien Ariel Sharon, en septembre 1982 ? L’expédition de Sharon est restée impunie. C’est la volonté concrète de la Belgique de restreindre le champ d’interprétation de la compétence universelle après que de fortes pressions israélo-américaines ont empêché la comparution de Sharon devant une juridiction pénale. Tristement, les juges belges ont encore capitulé face aux charges américaines, lorsque des plaintes diverses et circonstanciées ont réclamé l’inculpation de Donald Rumsfeld et de George Tenet, ancien patron de la CIA, pour pratiques de tortures sur des prisonniers d’Abou Ghraib en Irak, mais également pour les méthodes d’interrogatoire inhumaines exercées sur les prisonniers de ­Guantanamo. ­L’ex-ministre de la Défense américain n’a rien fait de moins que menacer la Belgique de retirer le siège de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) de Bruxelles.

Et pourquoi pas Bush à cause de l’Irak ?

Plus de cinq ans après l’invasion de l’Irak par la coalition anglo-­américaine, quel juge téméraire ose toucher à la tranquillité du président George Walker Bush, après qu’il a été dit et établi que les raisons des bombardements ayant scrupuleusement cassé un pays entier sont ailleurs que dans la découverte d’armes de destruction en Irak ? La poudre que l’on jette aux yeux de l’opinion, c’est la sanction contre de pauvres petits exécutants lâchés par leurs chefs. Et, pas plus tard que début juillet, les Américains de la force internationale ont assimilé à des “bavures” le fauchage meurtrier de dizaines de civils afghans, après avoir soutenu dans un premier temps que ces “gens-là” étaient des terroristes ! Les listes noires de l’impunité sont élastiques. Il y a les 8 000 Bosniaques massacrés à Srebrenica par les Serbes en 1995, sous le regard indifférent des casques bleus néerlandais ! Depuis treize ans, le général Mladic et Radovan ­Karadzic, coauteurs reconnus de ces pogroms à grande échelle, restent étrangement introuvables [Karadzic a été arrêté le 21 juillet ; voir pp. 7 à 9]. On peut bien chercher noise à Hissène Habré [président du Tchad de 1982 à 1990], mais l’un de ses lieutenants de l’époque – Idriss Déby Itno –, devenu président d’une “république banano-pétrolière” inféodée à la puissance coloniale, n’a rien à craindre jusqu’à nouvel ordre.
Clairement, la justice internationale est à multiples vitesses. L’inculpation prononcée par le procureur Moreno-Ocampo n’aurait jamais eu lieu si Omar El-Béchir était un allié inconditionnel des Etats-Unis, de la France ou de la Grande-Bretagne. C’est cela qui est choquant ! La guillotine s’abat toujours en priorité sur les pauvres – et quelquefois sur des riches abandonnés par la baraka. Il ne fait pas de doute que l’acte posé par la CPI est indissociable des rivalités dans cette partie de l’Afrique. Le Soudan, allié de la Chine et de la Russie, est depuis longtemps dans le collimateur euro-américain. Il y a énormément de pétrole, ici, et les Chinois y sont très bien servis. Menahem Begin est parti, Ariel Sharon est dans un coma interminable, Bush va jouer ailleurs à partir de 2009… C’est la dure loi des iniquités pénales. Malheur aux faibles !

Le procureur de la Cour pénale internationale a demandé le 14 juillet qu’un mandat soit délivré contre le président El-Béchir.
Momar Dieng
Le Quotidien
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Soustara
Habitué


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Date d'inscription : 31/07/2005

MessageSujet: Re: JUSTICE A GEOMETRIE VARIABLE   Ven 10 Oct - 17:51

SUITE




Un complot américain contre le Soudan
Pour le journal soudanais Al-Nilin, proche du pouvoir, ce sont les Etats-Unis qui font tout pour aggraver la situation au Darfour.
Contrairement à ce qu’elle prétend, la communauté internationale ne veut pas la stabilité et la paix au Darfour. Cher lecteur, reprenez le fil des événements, faites le lien avec la décision de la Cour pénale internationale (CPI) et vous aurez le faisceau d’éléments pour comprendre qu’on est en train de tisser des fils autour de notre pays et de notre peuple – comme une araignée qui resserre sa toile autour de sa proie avant de la dévorer. La décision du procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, ne vise pas Untel ou Untel au pouvoir, et la CPI ne veut pas seulement juger un individu. Moreno-Ocampo, la Cour de La Haye, le Conseil de sécurité ne sont que les exécutants de la “communauté internationale” – un surnom de l’Amérique –, qui préparent un nouvel ordre mondial qui installera le “désordre constructif” dans le tiers-monde. Regardez l’Irak et le chaos qui y règne pour savoir ce qui attend le Soudan. Ils disent qu’ils veulent la justice et la paix au Darfour, mais il faut être myope pour les croire.
Un mois et demi avant la signature des accords d’Abuja [au Nigeria ; conclus le 5 mai 2006], la communauté internationale avait mis en garde les groupes armés en leur disant qu’ils seraient inscrits sur les listes des organisations terroristes s’ils ne les signaient pas. Mais, quand certains de ces groupes ont refusé de signer, la communauté internationale a fait profil bas et a fait le contraire de ce qu’elle avait annoncé. Elle a pris ces groupes sous sa protection politique et militaire, les a encouragés à s’obstiner dans leur refus d’une solution négociée et leur a fourni, via le Tchad et d’autres pays, les moyens pour attaquer [en mai dernier] Oum Dourman [près de la capitale, Khartoum]. C’est ce soutien [occidental aux groupes armés] qui prolonge la crise au Darfour et empêche ses habitants de vivre en paix. En suscitant des mouvements populaires par-ci, des organisations de libération par-là, tantôt au nom de la guerre, tantôt au nom de la paix, en soutenant telle ou telle force politique ou en envoyant des “messages piégés” comme celui de Moreno-Ocampo, la communauté internationale cherche toujours à semer les graines du “désordre constructif”.
Moreno-Ocampo et ses complices savent que ce “soutien piégé” risque de provoquer des événements qui aggraveront la situation au Darfour. Le procureur de La Haye a choisi le bon moment pour envoyer son message incendiaire : le Parlement a voté une loi électorale ; une issue a été trouvée pour l’affaire d’Abyei [début juin, un accord a mis fin aux combats opposant les forces armées soudanaises et la Sudan People’s Liberation Army (SPLA), combats qui ont ravagé cette ville située dans le centre-ouest du Soudan] ; le gouvernement et les chefs de l’administration civile au Darfour avaient la volonté de conclure la paix ; les forces de l’opposition étaient en phase avec la transition démocratique annoncée ; l’économie regorge d’investissements étrangers comme jamais auparavant ; il ne reste qu’un an avant les prochaines élections – bref, un moment où tous les feux se mettaient au vert pour indiquer que demain pouvait être meilleur.
Face à cette menace, tout le monde – gouvernement, opposition et population – doit faire preuve de sagesse, se montrer responsable et mettre le patriotisme au-dessus des divisions partisanes. Au-delà de nos différences, invoquons Dieu pour qu’il protège le Soudan contre le mal qui nous guette et pour que notre pays continue d’exister sur la carte du monde.

(Al-Nilin, Khartoum) Taher Sati

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