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 A méditer

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Timour Le Boiteux
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Nombre de messages : 2844
Date d'inscription : 31/07/2005

MessageSujet: A méditer   Lun 15 Aoû - 10:35

salam aleikom
Je vous demande d'écouter.
http://sajidinne.free.fr/flash/farshy.html
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ithviriw
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MessageSujet: Re: A méditer   Lun 15 Aoû - 15:42

Assalam;

Conférence à l’Ifri sur « L’Arabie Saoudite entre défis et challenges »,
Le jeudi 10 février 2005
Avec Madawi Al-Rasheed et Stéphane Lacroix
Compte-rendu
Les attentats du 11 septembre ont ramené l’Arabie Saoudite au premier plan des préoccupations internationales. Les Saoudiens, accusés après le 11 septembre d’avoir financé et soutenu le terrorisme, se présentent aujourd’hui comme des victimes, et veulent prouver leur attachement à la lutte internationale contre le terrorisme et leur volonté de faire évoluer la situation intérieure du pays, comme en témoigne la tenue ce 10 février d’élections municipales à Riyadh.
Quelles ont été les conséquences du 11 septembre sur le royaume et quelles évolutions le pays est-il en train de vivre ? La conférence organisée à l’Ifri a tenté de répondre à ces questions, avec deux invités : Madawi Al-Rasheed, professeur d’Anthropologie sociale au King’s College de l’Université de Londres, et Stéphane Lacroix, doctorant à l’Institut d’études politiques de Paris, Denis Bauchard, conseiller à l’Ifri étant le modérateur.
L’Arabie Saoudite aujourd’hui : entre violence et réformes
Selon Stéphane Lacroix, l’Arabie Saoudite doit aujourd’hui faire face à deux grands défis : la violence, illustrée par la campagne terroriste en cours dans le royaume, et les réformes, soutenues à la fois à l’extérieur par les Etats-Unis, et à l’intérieur par les différents courants réformistes.
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Depuis mai 2003, l’Arabie Saoudite affronte une violente campagne terroriste, menée par l’« Organisation d’Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique », qui vise une déstabilisation du royaume. Mais depuis la mi-2004, le mouvement est en perte de vitesse. Deux explications peuvent être avancées à cela :
⇒ les autorités ont remporté un succès sécuritaire important et de nombreux suspects ont été arrêtés ou tués (dont les trois premiers leaders d’Al-Qaïda dans le pays) ; le régime a réussi à mettre de son côté les leaders de l’opposition islamiste non-violente, qui ont condamné les islamistes radicaux et le terrorisme, et ont ainsi contribué à les décrédibiliser dans le pays ;
⇒ la guerre en Irak et notamment le soulèvement de Fallouja ont entraîné une re-localisation d’une partie des jihadistes saoudiens en Irak.
Mais cette amélioration peut n’être que temporaire, et la situation peut se dégrader à nouveau, notamment si l’on songe à un éventuel retour des vétérans jihadistes de la guerre d’Irak dans le pays. C’est pourquoi la seule solution à long terme est celle des réformes, qui peuvent être politiques (ouverture d’un système politique fermé) ou sociales (ouverture sociale et religieuse qui implique notamment de renégocier le pacte social, entre autres avec les femmes et les minorités). Ces deux enjeux sont sensiblement différents, d’autant plus que les partisans de la réforme sociale ne sont pas les mêmes que ceux de la réforme politique.
Les partisans de la réforme politique sont plutôt les islamistes, souvent opposés à la réforme sociale et religieuse qu’ils voient comme une atteinte à l’islam, alors que les partisans de la réforme sociale sont des libéraux, qui s’opposent à la réforme politique en ce qu’elle ferait le jeu de leurs adversaires islamistes. Entre ces deux groupes se trouve un troisième groupe de réformateurs depuis la fin des années 1990 : celui des « islamo-libéraux », composé de sunnites et chiites, qui se refusent à distinguer les deux types de réforme.
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En réponse à ces différentes pressions, le pouvoir a offert des réponses sur les deux plans :
�� La réforme sociale, symbolisée par le « dialogue national » (al-Hiwar al-Watani), centre situé à Riyad chargé d’organiser des sessions de discussions autour de thèmes prédéfinis (comme la tolérance inter-confessionnelle, l’extrémisme, la femme ou la jeunesse), auxquelles participent différents représentants de la société saoudienne choisis par le pouvoir. Ce dernier s’y est engagé à mettre en oeuvre des réformes importantes.
L’ouverture sociale s’est faite aussi à d’autres niveaux : la présence récente de speakerines à la télévision nationale saoudienne, et la toute nouvelle décision d’autoriser les femmes à voter aux prochaines élections témoignent de cette volonté d’ouverture, de même que la tolérance à l’égard des défilés de rue chiites à l’occasion de la fête de l’Achoura dans les grandes villes de l’est où ils sont majoritaires. Ces évolutions sont assez encourageantes car elles reflètent un changement de discours important, et laissent supposer un véritable changement d’esprit.
�� Le bilan de la réforme politique est néanmoins plus mitigé : certains réformistes sont arrêtés fin mars 2004. Cela dit, on compte aussi quelques acquis : si les élections municipales partielles qui se tiennent aujourd’hui à Riyadh n’ont qu’une portée limitée (car ce sont des élections partielles et locales, les thèmes de campagne sont restés purement locaux (logement, emplois, voirie) et les candidats n’ont pas eu le droit de prendre des positions idéologiques), elles permettent au débat de sortir des cercles restreints des élites pour toucher la société plus largement. Elles contribuent donc à créer une culture du politique, jusque-là absente du pays.
Stéphane Lacroix conclut que si les changements sont plutôt de l’ordre du discours pour le moment, il ne peut y avoir de changement dans les actes sans au préalable un changement de discours, et que, dans tous les cas, cela crée un mouvement, une dynamique qu’il sera difficile de changer. En ce sens, l’Arabie Saoudite est vouée à évoluer et à s’ouvrir.
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L’Arabie Saoudite : politique et poétique du Jihad
Madawi Al-Rasheed se demande comment l’on peut interpréter le Jihad et la violence aujourd’hui en Arabie Saoudite, et qui sont les acteurs de ce Jihad.
Elle distingue pour cela trois types d’ analyses du Jihad données par différents acteurs internationaux depuis le 11 septembre :
�� La vision des médias occidentaux, des libéraux ou des néo-conservateurs, celle des Arabes intellectuels libéraux, anciens socialistes ou baathistes, qui ont souffert des attaques wahhabites, et celle des Chiites et des libéraux saoudiens : pour eux, le principal suspect du terrorisme est le discours religieux wahhabite qui génère la violence.
�� La vision de certaines personnalités officielles saoudiennes, comme le ministre de l’Intérieur saoudien, pour qui la violence vient de l’influence des Frères musulmans égyptiens, venus s’installer en Arabie Saoudite dans les années 1960 à cause des persécutions de Nasser. Ils auraient alors importé une idéologie violente de l’extérieur, étrangère à l’Arabie Saoudite. Les wahhabites traditionnels tiennent aussi ce discours et soutiennent que l’idéologie wahhabite originelle n’est pas intrinsèquement violente.
�� La vision issue du paradigme occidental des sciences sociales et des sciences politiques qui, pour comprendre le jihad, le contextualise : la guerre sainte est vue comme une conséquence de la pauvreté, du chômage, de l’anomie sociale, et d’une transition trop brutale vers la modernité dans les banlieues de Paris, de Londres, du Caire, de Riyadh ou d’ailleurs…
A partir de ce panorama, Madawi Al-Rasheed se demande comment les chercheurs peuvent interpréter ces différentes approches, qui ne suffisent pas, selon elle, à expliquer le Jihad. Elle retrace pour cela les différentes étapes historiques du mouvement wahhabite depuis le XIXe siècle, en précisant que le discours wahhabite n’est pas homogène car il est dès le départ divisé en deux branches : le Dawla et la Da’wa (l’Etat et l’appel), c’est-à-dire une branche traditionnelle qui accepte de se soumettre au pouvoir
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politique, même s’il est mauvais, et une branche qui reste attachée au Jihad, comme fondement de sa doctrine. La guerre en Afghanistan est l’événement déclencheur pour l’Arabie Saoudite qui envoie certains de ses jeunes combattre contre l’Union soviétique. Mais ces jeunes rentrent au pays à la fin de la guerre, et alors qu’ils s’attendent à être reçus en héros, sont jetés en prison, ce qui provoque chez eux un fort sentiment d’échec.
Comment alors comprendre le mouvement jihadiste ? Est-ce un mouvement d’auto-destruction ou un agent possible de la modernité ? Dans le discours jihadiste, le but est de combattre les infidèles par la violence, mais les publications sur Internet montrent qu’il ne s’agit pas seulement d’attentats-suicides : pour Madawi Al-Rasheed, le jihadisme est aussi une culture, pas uniquement un mouvement politique et religieux. Sur les sites Internet, les discours religieux se mêlent à des réflexions politiques sur la relation avec les infidèles, des questionnements sur la violence, des réflexions sur les notions culturelles de féminité et d’honneur. Il y a donc un débat à l’intérieur même du cercle jihadiste, accompagné d’une lourde production médiatique, des films, de la poésie, une iconographie, et tout cela génère un « package culturel », une culture englobante jihadiste.
Les jihadistes survivent dans des espaces marginaux et marginalisés, et c’est pourquoi la violence devient une forme d’expression culturelle. Les défendeurs du jihad, qui dans leurs discours demandent un retour au passé, souhaitent en fait une transformation du présent pour construire un meilleur avenir. De leur point de vue, le jihadisme est la seule réponse pour contrebalancer la super-puissance américaine et rééquilibrer les forces.
Madawi Al-Rasheed conclut que le débat politique et religieux en Arabie Saoudite évolue plus vite que jamais à cause de ces pressions jihadistes. La mouvance jihadiste a obligé le gouvernement à se lancer dans les réformes. En cela, le jihadisme est une sorte de culture de transition qui veut créer une modernité différente de celle prônée par le pouvoir.
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Le débat, qui a suivi les exposés, a permis de clarifier plusieurs points.
Pour Stéphane Lacroix, les réformes ne sont pas un danger pour la famille royale saoudienne : celle-ci ne risque pas d’être détruite par les réformes. La timidité des réformes reflète plus un manque d’entente du pouvoir saoudien sur les réformes à adopter qu’une peur d’être déstabilisé, voire dépassé par ces réformes. Une partie du pouvoir veut aujourd’hui se défaire du wahhabisme, d’autres au contraire se demandent si ces réformes sont nécessaires car ils estiment que le pouvoir n’en a pas véritablement besoin. La question est donc de savoir sur quel type de consensus la famille royale souhaite se fonder.
En ce qui concerne le facteur chiite en Arabie Saoudite, Madawi Al-Rasheed pense que sans l’intervention d’un agent extérieur, le facteur chiite n’existe pas dans le royaume. Stéphane Lacroix rajoute que les leaders chiites sont rentrés dans le rang depuis le début des années 1990 : en abandonnant leur position révolutionnaire, ils ont adopté une position conciliatrice et nationaliste. Ils ne représentent donc pas pour le moment une réelle menace pour le pouvoir saoudien, même s’ils demandent des aménagements en échange de leur coopération. L’arrivée des Chiites au pouvoir irakien voisin pourrait éventuellement changer la donne.
Pour Madawi Al-Rasheed, la culture du Jihad signifie que ce dernier n’est pas simplement une révolte politique, mais englobe plus largement une question d’identité, une vision du monde. La modernité est arrivée trop vite dans une société qui profite des aspects matériels de la modernité, mais qui n’a pas les moyens d’absorber la culture de la modernité. L’urbanisation trop rapide (85% de la population vit en ville) a distendu les liens tribaux et familiaux. Les groupes exclus de cette culture ont cherché des moyens de se construire un statut, or en Arabie Saoudite il n’y a ni parti, ni syndicat, ni club, aucune structure un tant soit peu corporative. Le Jihad est un moyen pour ces groupes de gagner une identité.
Denis Bauchard a conclu le débat en rappelant l’importance du conflit afghan dans la situation actuelle de l’Arabie Saoudite. Le retour des « Afghanis » frustrés de leur victoire a eu, en Arabie Saoudite comme dans d’autres pays, un effet déstabilisateur. L’Arabie Saoudite est affectée par le « retour de flammes » de son intervention dans cette guerre. La présence des troupes américaines sur son sol depuis la guerre du Golfe de 1991 a également joué un rôle important.
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Un véritable mouvement de réformes s’est déclenché en Arabie Saoudite, dont on ne voit pas le point d’arrivée, impliquant inexorablement une évolution de cette société figée. Les débats politiques et sociaux se font de plus en plus publiquement, notamment à travers les médias. L’évolution du pays doit être suivie avec attention.
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