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 ALGERIE:les Chinois

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Timour Le Boiteux
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Date d'inscription : 31/07/2005

MessageSujet: ALGERIE:les Chinois   Dim 20 Nov - 20:04

Chapeau, les Chinois !

ALGÉRIE - 13 novembre 2005- par CHERIF OUAZANI, ENVOYÉ SPÉCIAL
JEUNE AFRIQUE

Après avoir pris pied dans le secteur du bâtiment, où ils font des prodiges, ils se sont lancés dans le commerce. Avec la même réussite.

Ne l'appelez plus Liu. Il se nomme désormais Youssef. C'est le prénom musulman que lui a donné l'imam qui l'a converti en 2002. Originaire du Hunan, province centrale de la République populaire de Chine, ce solide gaillard de 46 ans, interprète-traducteur, a dû prononcer la profession de foi par amour pour une Algérienne, qu'il a fini par épouser.
Liu-Youssef fait partie des quelque onze mille Chinois travaillant dans le pays de Bouteflika. Plus de 95 % d'entre eux sont arrivés dans les bagages des grands groupes ayant décroché de nombreux marchés dans cette Algérie qui se reconstruit à grands pas. Pour combler le déficit en logements, le gouvernement d'Ahmed Ouyahia a lancé un plan de construction d'un million d'unités d'habitations pour les quatre années à venir. L'Algérie ayant les moyens de régler rubis sur l'ongle, les entreprises étrangères se bousculent pour obtenir les contrats de réalisation. Mais beaucoup doivent s'incliner face à la China State Construction & Engineering Corporation (CSCEC, un des géants du BTP chinois), que ses délais de livraison et ses prix rendent imbattable.

Au début des années 2000, le nombre de Chinois travaillant en Algérie a atteint le pic de 12 000 personnes - jamais plus, contrairement à ce qui a été affirmé ici et là - pour une vingtaine d'entreprises de BTP. Le bâtiment n'est pas leur seul secteur d'intervention. Ouvrages d'art, barrages, tronçons autoroutiers, nouvel aéroport d'Alger, hôtels et palaces, prospection pétrolière... autant de marchés pour ces sociétés.

Comment vivent ces travailleurs d'un genre particulier dans un pays si compliqué ? « Très bien, jure la main sur le coeur Liu-Youssef. La cohabitation avec la population est parfaite. » Son parcours est l'illustration de cette intégration. Son premier séjour en Algérie date de 1992. « Je suis arrivé quelques jours avant l'assassinat du président Mohamed Boudiaf [le 29 juin 1992, par un membre de sa garde]. Le pays était livré à une violence inouïe, mais jamais je n'ai eu peur. Je travaillais dans un projet d'hydraulique, donc en pleine zone rurale, et nous étions coupés de l'information. Bien sûr, je lisais la presse qui rapportait les attentats contre les policiers, les journalistes et quelques étrangers. Cependant, nous nous sentions en sécurité au milieu des paysans, avec qui nous avions peu d'échanges, mais qui faisaient tout pour chasser nos angoisses. »

Propos de Chinois fraîchement converti à l'islam ayant l'ambition de finir ses jours en Algérie ? Pas sûr. Liu-Youssef argumente. « Quand on enseigne l'histoire contemporaine dans les lycées chinois, on apprend aux élèves le rôle joué par l'Algérie au sein des Nations unies quand la République populaire de Chine tentait, à la fin des années 1960, de retrouver son siège à New York, occupé par Taiwan. Un Chinois qui débarque à Alger vient avec cette idée en tête. » Sans doute, mais les ouvriers chinois ne quittent pas (ou si peu) leurs chantiers ou leurs bases de vie, souvent des cabanes rudimentaires. Problèmes de langues ou de sécurité ? « Ni l'un ni l'autre, assure un ingénieur de CSCEC. Pour respecter les délais, nous devons travailler quatorze heures par jour. Et, croyez-moi, après cela, on n'a aucune envie de se balader. »

Depuis quelques mois, cependant, il est fréquent de croiser des Chinois dans la rue - des grandes villes comme du plus petit village -, à la plage ou dans les bars. C'est l'une des conséquences du voyage officiel effectué en 2004 par le président Abdelaziz Bouteflika à Pékin. Parmi les accords signés lors de cette visite, l'échange de matières premières algériennes (essentiellement du pétrole et du gaz) contre des produits manufacturés chinois.

Liu-Youssef saisit l'opportunité, quitte l'entreprise qui l'emploie et s'associe avec un compatriote pour se lancer dans le commerce. Est-il difficile de s'établir en Algérie ? Liu-Youssef ayant déjà sa carte de séjour, le problème ne se pose que pour son associé. « La première exigence est, comme partout ailleurs, l'obtention d'un visa. Il faut impérativement une invitation officielle [c'est-à-dire émanant d'une entreprise algérienne], explique Liu-Youssef. Et, dès l'arrivée en Algérie, il faut lancer la procédure d'enregistrement de la société d'import-export pour pouvoir obtenir la prolongation du visa jusqu'à la régularisation administrative. Cela dure en moyenne trois mois et coûte 100 000 dinars [1 000 euros environ] en capital. »

En moins d'une année, près de soixante-dix sociétés d'import-export sont créées par des Chinois et une centaine d'autres voient le jour avec des partenaires algériens. L'activité est plus que lucrative et les chiffres d'affaires s'envolent : plusieurs dizaines de millions de dollars sur les neuf premiers mois de 2005. Le marché est inondé de produits chinois, au grand bonheur des Algériens, car les prix sont très compétitifs. Se chausser à 300 dinars (3 euros) ? Il y a longtemps que cela n'était pas arrivé au consommateur algérien.

Les vendeurs chinois s'imposent dans les marchés ruraux aussi bien que dans ceux des villes. Ils ont même appris les dialectes locaux et négocient ferme avec les acheteurs, reproduisant mimiques et gestuelles de la région où ils se trouvent. Ils y côtoient les revendeurs subsahariens, nullement découragés par les mésaventures marocaines de leurs compatriotes, qui proposent des produits contrefaits. C'est ainsi que le marché hebdomadaire du village le plus reculé est devenu, en quelque sorte, international.

À l'occasion de la tenue du référendum du 29 septembre, les médias internationaux ont dépêché des envoyés spéciaux. Ces derniers ont consacré des reportages sur ce phénomène. L'Algérie envahie par l'empire du Milieu ? Ce n'est vraiment pas le cas. Les groupes industriels chinois amènent avec eux leur main-d'oeuvre parce qu'ils y sont contraints. « Un ouvrier chinois revient à 500 euros par mois alors qu'un Algérien coûte cinq fois moins, explique Zhong Li, une architecte dans un projet de barrage. C'est une vraie bénédiction pour le Chinois qui multiplie par trois le salaire qu'il percevait chez lui. Si nous évitons de recruter des ouvriers algériens, poursuit-elle avec une pudeur tout asiatique, c'est qu'ils ont du mal à assimiler nos méthodes. » En fait, les Algériens n'arrivent pas à soutenir le rythme effréné du travail.

L'intérêt manifesté par les journalistes étrangers agace Liu-Youssef. « Les Occidentaux évoquent très vite le péril jaune. Les Chinois représentent un cinquième de l'humanité. En quoi serait-il anormal que quelques milliers d'entre eux habitent, travaillent et paient leurs impôts en Algérie ? »

Quant à imaginer un China Town au coeur d'Alger, il ne faut pas aller trop vite en besogne. Concevoir et construire un tel quartier dans la capitale nécessite un gros investissement. De toute façon, il est quasiment impossible de trouver aujourd'hui un espace qui puisse servir de cadre à un China Town. Un autre obstacle est la taille du marché algérien. « Il est certes prometteur, mais il reste modeste pour l'économie chinoise. Dans cinq ans, peut-être... »
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tarek ibn ziad
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 106
Date d'inscription : 31/07/2005

MessageSujet: Re: ALGERIE:les Chinois   Jeu 15 Déc - 0:26

Citation :
Ne l'appelez plus Liu. Il se nomme désormais Youssef. C'est le prénom musulman que lui a donné l'imam qui l'a converti en 2002. Originaire du Hunan, province centrale de la République populaire de Chine, ce solide gaillard de 46 ans, interprète-traducteur, a dû prononcer la profession de foi par amour pour une Algérienne, qu'il a fini par épouser
.
Essalam aleykoum akhina.
Si l'on en croit ce cherif ouazani , est ce que du point de vue Islamique ce chinois doit etre consideré comme un musulman pour ce qui est ce mariage ?


Dernière édition par le Jeu 22 Déc - 22:34, édité 1 fois
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bentalha417
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Localisation : La Terre
Date d'inscription : 25/08/2005

MessageSujet: Re: ALGERIE:les Chinois   Jeu 15 Déc - 17:05

Assalam aleykoum

Oue mazael.Il ne faut pas s'etonner de voir un jour quelque part fel Djazair un temple Boudhiste ou autre erige.Le presiden del GHAFLIN vous en fera voir de toutes les couleurs. Sad maintenant.
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MessageSujet: Re: ALGERIE:les Chinois   Aujourd'hui à 12:35

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