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 Fuites de capitaux au Maghreb

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djibali
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MessageSujet: Fuites de capitaux au Maghreb   Mer 13 Aoû - 19:36

Nous aimerions compléter les indications communiquées par Slim Trika, Rym Imsat et Djamel Mokhtar par ce qui suit :

En notre qualité de membres de la CCFC (confédération des cadres de la finance et de la comptabilité-région centre), nous avons adressé plus de cinquante courriers, ces 3 dernières années, aux plus hautes instances du pays (Présidence de la République, services du chef du gouvernement, ministère des finances, IGF, Banque d’Algérie…) pour mettre en garde contre une privatisation du CPA qui viserait à effacer les 900 millions de dollars de créances douteuses au profit des PME concernées.
Notre argumentaire repose sur les éléments ci-après :
- les créances dont il s’agit constituent des crédits consentis à quelques 350 opérateurs PME entre 1997 et 2005 pour leur permettre d’importer des biens d’équipement destinés à l’investissement
- ces crédits non remboursés ont fait l’objet de rééchelonnements/consolidations à répétition, avant d’être traités comptablement (provisionnés) par le CPA puis placés « fictivement » dans des comptes spécifiques
- ces mécanismes techniques sont de vrais stratagèmes visant à couvrir légalement une immense fuite de capitaux, en respectant les formes juridiques et comptables
- le trésor public est venu conforter cette couverture en recapitalisant le CPA à plusieurs reprises ; il n’est pas impossible que la dernière recapitalisation arrêtée dans le cadre de la loi de finances complémentaire pour 2007 soit en partie également affectée aux créances douteuses du CPA
- les responsables du CPA, comme du reste ceux des autres banques publiques, tentent de banaliser le concept même de créances non performantes en le présentant comme quelque chose qui existe partout dans le monde et que l’on provisionne conformément aux règlements en vigueur
- mais les responsables du CPA ne disent pas où sont passés les crédits octroyés aux 350 opérateurs ciblés ; ils ne disent pas non plus pourquoi les actions en recouvrement engagées pas la banque sont discriminatoires et ne touchent pas tous les débiteurs insolvables
- la commission bancaire de la Banque d’Algérie présidée par le gouverneur Mohamed Laksaci est parfaitement au courant de cette situation, mais elle n’a pris aucune mesure de contrôle ni aucune investigation pour tirer tout cela au clair
- pour rappel : la Banque d’Algérie dispose de toutes les informations relatives aux transferts effectués en devises au titre du volet externe des crédits non remboursés par les 350 opérateurs de la PME. La commission bancaire a l’obligation de déclencher toutes enquêtes que la situation au CPA impose, conformément à la loi sur la monnaie et le crédit.
- La direction du trésor relevant du ministère des finances ne doit pas, pour sa part, faire l’impasse sur les dessous de la recapitalisation qu’elle a consentie au CPA
- Quant à L’IGF saisie par nos soins, elle ne peut pas, elle ne doit pas se contenter de constater que les procédures comptables de provisionnement ont été observées par le CPA alors que les capitaux objet de ces procédures ont fui le pays sous diverse formes (surfacturations, faillites volontaires, résiliation de contrat après reglement des avances, diverses collusions…)
- Les autorités ne pourront pas dire (dans l’hypothèse d’une évolution explosive du dossier CPA) qu’elles ne savaient pas ! nous les avons régulièrement tenues informées des pratiques répréhensibles en cours au CPA.
- Conclusion : nous ne sommes pas contre le principe de la privatisation, mais nous posons comme préalable à cette cession la récupération des 900 millions de dollars dont il est utile de rappeler que sont les deniers du peuple ! Nous ne pouvons donc cautionner une amnistie financière sous le couvert d’une opération de privatisation que les décideurs tiennent absolument à concrétiser contre toute logique.

Oussama Djerou, Kader Menouar et Salim Tangera, membres de la CCFC-région centre

ps : merci au Matin de booster la dynamique de la rupture !
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djibali
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MessageSujet: Re: Fuites de capitaux au Maghreb   Mer 13 Aoû - 19:38

Bouteflika et les généraux éclaboussé par un scandale énorme, des occidentaux, français, israéliens, suisses, américains etc..Des entrepreneurs étrangers qui ont fait des bénéfices collossaux en Algérie, ont bénéficié de complicité au plus haut niveau de l'état pour ne payer aucune taxes et transférer leur capitaux saignés au peuples algériens, des milliards de dollards et d'euros.Il ya l'affaire Orascom et bien d'autres, mais de toute évidence les occidentaux ont tous les droits en Algérie et les algériens aucun.
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djibali
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MessageSujet: Re: Fuites de capitaux au Maghreb   Mer 13 Aoû - 19:52

Investissement et Etat de droit

Saïd Mekki, Algérie News, 12 août 2008

La décision d’imposer une participation majoritaire de l’Etat dans les opérations d’investissement dans le pays par des entités étrangères dans le pays est avant tout l’aveu de l’échec consommé de la politique économique, ou de ce qui en tient lieu. En réalité, comme le citoyen ordinaire peut le constater cette politique a surtout attiré des investisseurs de qualité incertaine motivés par des gains à court terme et peu désireux de s’impliquer réellement dans la construction de l’économie nationale. En fait d’investissements, il a s’agit bien souvent pour des capitaux spéculatifs sans autre expertise que leurs connexions à l’intérieur de cercles de l’administration de profiter de l’immense potentiel du marché algérien pour réaliser à peu de frais de remarquables jackpots. Ainsi la démonopolisation du secteur de la téléphonie mobile et de celui de l’importation de produits pharmaceutiques a été l’occasion pour des investisseurs sans qualification ni réputation dans ces domaines de se brancher sur la rente pétrolière. Les logiques courtermistes de ces opérateurs à la renommée parfois discutable prévaut naturellement sur toutes autres considérations et notamment le souci de participer à la nécessaire diversification de la base productive nationale. L’implantation visible de ces groupes avec le soutien des pouvoirs publics a directement terni l’image du pays en conférant à ce dernier le statut d’un comptoir désadministré, d’un pays de cocagne ouvert à tous les vents de l’opportunisme financier et commercial. Comme l’imposition de la participation majoritaire de l’Etat, l’obligation de réinvestir des bénéfices énormes dans le secteur productif intervient tardivement et donne à ces mesures le caractère peu probant de représailles à l’endroit d’investisseurs peu scrupuleux.
Mouvement de balancier

Le pays envoie des signaux plutôt confus : au laisser-faire d’hier s’oppose aujourd’hui un contrôle qui peut sembler excessivement autoritaire et sans nuances. Ce mouvement pendulaire traduit en réalité deux carences éminemment préjudiciables. En premier lieu, le retour à des mesures de contrainte directe traduit la faiblesse patente de l’administration générale du pays qui apparaît ainsi comme un chantier dévasté incapable d’encadrer et de suivre l’activité des agents économiques et de procéder en permanence à une sélection qualitative et aux corrections qu’impose une réalité économique en mouvement. La seconde faiblesse, amplement décriée, réside indiscutablement dans l’absence d’une politique économique efficace et conduite avec lucidité et détermination par des équipes de qualité. L’environnement des affaires reste essentiellement caractérisé par ces deux failles principales. Dans un tel contexte, l’abondance miraculeuse des ressources financières du pays n’a attiré qu’une population d’opérateurs nationaux ou étrangers uniquement préoccupés par le gain maximal dans la période la plus courte possible en vue de son transfert à l’étranger. Le comportement vertueux inhérent au capitalisme rhénan fondé sur des stratégies de long terme n’est visiblement pas la caractéristique de ces groupes sans réel ancrage dans les secteurs d’activité qu’ils prennent à l’abordage ni, encore moins, dans la préservation des intérêts nationaux.
Mais toutes les mesures de caractère autoritaire qui ne se fondent pas sur un fonctionnement institutionnel global et cohérent ne sont que des palliatifs intérimaires. Pour être effectif, le soutien et l’encadrement de l’investissement nécessite la réunion de conditions qualitatives, de nature politique et juridique, préalables au retour d’une administration efficace et à la mobilisation de l’ensemble des acteurs indispensables à la mise en œuvre d’une stratégie économique lisible et stable. En effet, le laisser-faire et l’économie de souk, préconisés par des conseillers très intéressés par l’affaiblissement du pays, n’ont pas besoin d’un minimum d’Etat de droit. Pour autant, l’autoritarisme n’est pas la réponse appropriée pour remédier valablement à un tel état de fait. Le développement du pays, la diversification de la base productive et la création d’emplois réels durables ne peuvent se concevoir ni se transformer en réalité par la seule magie de l’incantation ou en vertu de l’ukase. Nul besoin d’être grand clerc pour le constater : le libéralisme anarchique sans substance qui sévit en Algérie ne suscite que l’enrichissement d’intermédiaires improductifs, la bonification outrancière des marges commerciales et l’amélioration de la déjà exorbitante rentabilité bancaire. Décidemment, la rupture avec la logique d’enrichissement sans cause de soi-disant investisseurs n’est pas de nature technique ou administrative.
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djibali
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MessageSujet: Re: Fuites de capitaux au Maghreb   Mer 13 Aoû - 19:58

Parti des travailleurs : Hanoune fustige « le bradage de l’économie »

El Watan, 2 août 2008

Le processus des privatisations est « une gigantesque gabegie », estime la porte-parole du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune. Selon elle, ce processus, appliqué depuis plus de 10 ans, a été fait sans bilan, sans suivi et sans contrôle.

« Le comité de suivi de la privatisation ne s’est jamais réuni », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse animée hier à Alger. Critiquant la politique de bradage des entreprises, Mme Hanoune s’est montrée, toutefois, satisfaite de « l’autocritique » faite par le président Bouteflika, de la décision du gouvernement de revoir sa stratégie concernant la privatisation ainsi que de l’introduction du droit de préemption. Elle plaide, dans ce sens, pour l’annulation de la loi consacrant la privatisation (01-04) et le Conseil des participations de l’Etat (CPE) qui est, selon elle, « un Etat dans l’Etat ». « Il faut renforcer le rôle de l’Etat dans le suivi et le contrôle », lance-t-elle en critiquant « l’implantation du groupe français Lafarge en Algérie et la gestion de l’aéroport international par l’entreprise française ADP ».

La loi domaniale, la loi d’orientation agricole et la levée du monopole de Naftal sur le marché des produits pétroliers s’inscrivent, selon elle, dans la même « logique de bradage et de mise en danger de la souveraineté nationale ». « Il faut annuler la loi domaniale. Il n’existe pas un Etat sans biens domaniaux. La première décision devant être prise dans le cadre de la révision de la stratégie du gouvernement est l’annulation de cette loi scélérate », précise-t-elle, en annonçant que le PT a déjà lancé une campagne de collecte de signatures pour exiger le retrait de la loi en question. Pour mobiliser encore plus de personnes, Mme Hanoune veut impliquer l’UGTA dans cette campagne afin d’imposer les réformes visées. Qui est responsable de l’échec assumé par les pouvoirs publics ? Pour Mme Hanoune, plusieurs institutions ont une part de responsabilité, à commencer par le Parlement et la Télévision qui n’ouvrent pas de débats publics sur ce genre de questions. « Les rapports adressés par certains ministres au président de la République ne traduisent par la réalité », dit-elle en soulignant son désaccord avec Abdelaziz Bouteflika concernant son jugement sur les jeunes. « Je ne suis pas d’accord avec le Président quand il dit que nos jeunes ne veulent travailler que comme veilleurs de nuit. Ce n’est pas vrai. Si ces jeunes avaient des postes d’emploi, ils ne risqueraient pas leur vie en mer », rétorque-t-elle. L’oratrice fustige également les autorités en raison du traitement réservé aux enseignants contractuels. Elle affiche, en outre, l’opposition de son parti à la dernière taxe imposée à chaque citoyen qui achète une voiture neuve.
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djibali
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MessageSujet: Re: Fuites de capitaux au Maghreb   Lun 18 Aoû - 21:39

Par Saâd Lounès

La déconstruction de l'identité algérienne vient de trouver son explication historique et ses véritables concepteurs. La déliquescence de l'Etat, l'immobilisme politique, la désintégration sociale, la déculturation chronique, la tentation de l'exil et de la harga, la haine de son propre pays ne sont pas le fruit d'une malédiction ni d'une tare collective.

C'est le résultat d'un double processus prémédité, une conjugaison de deux forces qui ont remplacé le pouvoir colonial dès la fin de la guerre de libération en 1962… et qui gouvernent encore en 2008.

D'une part, Abdelhafidh Boussouf avait prémédité la création d'une «Armée de l'ombre» dont la première promotion Larbi Ben M'Hidi formée à Oujda était composée exclusivement de «recrues marocaines» (1). Ils se disent «algériens de longue date», mais ils sont nés et ont vécu au Maroc. Leur histoire n'a jamais été écrite et on ne sait toujours rien de leur parcours personnel, familial et militant, 50 ans après leur entrée dans les rangs du Malg et de l'ALN. Ils n'ont «découvert» le sol algérien qu'après l'indépendance. Par simplification sémantique et en vertu du «droit universel du sol», nous les nommerons sans nuance les «Marocains de la SM». Ils étaient si nombreux que, selon un témoignage du journaliste Paul Balta, «Houari Boumediene, qui était guidé par un souci permanent de préserver l'unité nationale, avait interdit que les notices biographiques officielles des responsables comportent leur lieu de naissance.»

D'autre part, le général De Gaulle, revenu au pouvoir en 1958 à la faveur du putsh d'Alger, avait prémédité, à la façon d'un grand stratège militaire, l'indépendance qu'il voulait négocier par «la paix des braves». «Nous avons laissé 140.000 harkis infiltrés dans les rangs de l'ALN», selon ses propos rapportés par son fils dans son livre «Mon père De Gaulle». Ceux qu'on nomme les DAF «déserteurs de l'armée française», ont rejoint les rangs de l'ALN vers la fin de la guerre, essentiellement dans l'armée des frontières, avec des grades subalternes, mais formeront plus tard le «clan des généraux».

La déconstruction du FLN par Boumediene

C'est la conjugaison de ces deux «forces frontalières», l'une occulte, l'autre organisée, formée et disciplinée en uniformes placées sous l'autorité de l'Etat Major Général (EMG) et du «clan d'Oujda» dirigés par le colonel Houari Boumediene, qui a achevé la dislocation de la direction historique du FLN, entamée par les colons et… par Boussouf avec l'assassinat de Abane Ramdane.

Le FLN créé en 1954 était le fruit d'un long combat contre la «nuit coloniale», porté par plusieurs générations depuis 1830 et le soulèvement de l'Emir Abdelkader. L'Etoile Nord-Africaine de Messali Hadj, PPA, MTLD, UDMA,… ont formé le mouvement et la conscience politique nationale qui ont abouti au 1er Novembre 1954. Tous les leaders de la Révolution Algérienne ont été ensuite laminés par la machine de guerre coloniale… et achevés par la machine de guerre de l'armée des frontières et de la sécurité militaire. Les héros de la Révolution ont été victimes de la devise : «Dieu ! Préservez-moi de mes amis, mes ennemis, je m'en charge.»

Les «fellagas authentiques» des maquis algériens avaient pourtant mis à genoux la France coloniale au point de désintégrer son régime politique. Après avoir liquidé les indépendances indochinoise, marocaine et tunisienne, la IVe République s'apprêtait à en terminer avec la guerre d'Algérie. Une répression féroce, dirigée par le général Massu, s'est abattue sur les chefs du FLN. Mais le coup d'Etat du 13 mai 1958 provoque le renversement du régime, le retour au pouvoir du général De Gaulle et l'adoption d'une nouvelle Constitution le 28 septembre 1958, qui consacre l'avènement de la Ve République.

Sans sa légitimité historique, militaire et populaire, De Gaulle lui-même et son régime ont failli être renversé par le putsch d'avril 1961 du «quarteron des généraux» dirigé par le Général Raoul Salan qui devint chef de l'OAS, avant d'être arrêté, condamné à perpétuité, puis gracié en 1968.

Le processus de construction politique national d'un Etat démocratique porté par Ferhat Abbès, Benyoucef BenKhedda, Mohamed Boudiaf, Hocine Ait-Ahmed, Mohamed Khider, Krim Belkacem, etc… a été brutalement stoppé par la «dictature militaire» de Boumediene qui s'est appuyé sur les «Marocains de la SM» et les DAF pour asseoir son pouvoir personnel et autoritaire sur l'embryon d'Etat algérien. Il n'a laissé que deux choix aux vrais maquisards et militants de la première heure, «se soumettre ou se démettre». C'est ce qui explique que beaucoup sont rentrés dans le rang, alors que d'autres se sont exilés ou ont été emprisonnés ou exécutés. Pour éluder les questionnements de la population sur cette terrible répression qui s'abattait sur les dirigeants de la Révolution, l'intox des «Marocains de la SM» avait diffué la rumeur que ces gens là avaient volé le «trésor de guerre du FLN» sans autre explication.

Boumediene avait réussi à concentrer entre ses mains tous les pouvoirs et légiférait par ordonnance. Il était président du Conseil de la Révolution, chef de l'Etat, chef du gouvernement, ministre de la Défense, chef d'état-major et chef de la Sécurité militaire. Il était en outre partisan de l'organisation monopolistique du parti-Etat, de l'idéologie socialiste importée, et d'une mégalomanie du genre «le peuple c'est moi». L'enfance paysanne de Boumediène a profondément influencé son mode de gouvernance. Il avait une «conception très paysanne» de l'appropriation des responsabilités, comme si c'étaient des parcelles de terre, d'où cette absence totale de séparation des pouvoirs qu'il a instauré, et que les algériens subissent encore aujourd'hui. Il était plongé dans une mystique de volontarisme et de déterminisme politique telle qu'il interdisait même à l'Histoire de contredire ses choix qu'il décrétait «irréversibles» comme le socialisme ou la révolution agraire. Il «cassait les marches arrières» comme disent les oranais.

Marqué par les massacres du 8 mai 1945, alors qu'il était un adolescent de 13 ans, il découvrit la dure réalité coloniale qu'il combattra toute sa vie. Il communiquera cette farouche combativité à toute une génération d'adolescents dont il deviendra l'idole et le modèle.

Durant le règne du «géant» Boumediene, on ne pouvait s'intéresser à l'itinéraire des «fourmis» qui l'entouraient, et dont on ne soupçonnait même pas l'existence, notamment les «Marocains de la SM» et les DAF, dont l'identité réelle était totalement inconnue du peuple non initié à la réalité du pouvoir. C'est ainsi que s'est construit ce fameux mythe de la SM, que les algériens nommaient ironiquement «sport et musique» et qu'on a fini par voir «caché derrière chaque algérien». Par ailleurs, tous les algériens qui faisaient leur service national durant deux ans étaient durement «dressés à l'obéissance» par les DAF et à avoir peur de l'armée, ce qui les marquera à vie. De nombreux jeunes, citadins et ruraux, en ont gardé un profond traumatisme.

En lui succédant après sa mort en 1978, Chadli Bendjedid tenta de «déboumediéniser» le pouvoir en restructurant les services secrets et en se débarrassant des «Marocains de la SM». Il écarta Bouteflika, Merbah, Zerhouni, Tounsi, etc... Il radia aussi de nombreux DAF des rangs de l'ANP. Mais depuis sa destitution en janvier 92, les deux clans sont revenus en force et ont porté le Marocain Bouteflika au pouvoir en 1999, après une première tentative avortée en 1994.

Les désastres diplomatiques de Bouteflika

Tout a déjà été dit dans le livre «Bouteflika, une imposture algérienne» écrit par le journaliste Mohamed Benchicou (2). Il y décrit «le faux civil, le faux maquisard, le faux diplomate, le faux opposant». Mais Benchicou a été dupé par ses informateurs qui ne lui ont pas tout dit sur l'imposture généralisée de tous les Marocains introduit dans tous les rouages de l'Etat. Il a vu subitement s'abattre sur lui les foudres des Marocains Zerhouni, Ould Kablia, Tounsi, etc… et de leur servile agent Ouyahia qui l'ont jeté en prison pour deux ans et dépossédé de son journal et de ses biens. Même les DAF janviéristes, qu'il a ardemment soutenu, n'ont pas levé le petit doigt pour le sauver, scellés qu'ils sont par le pacte de silence et de complicité qu'ils ont signé avec les Marocains du Malg.
Comme l'a si bien dit le diplomate Lakhdar Brahimi, «C'est la Révolution algérienne qui a porté les diplomates algériens, ce ne sont pas les diplomates algériens qui ont porté la Révolution algérienne». Bouteflika, qui a construit son mythe sur les succès diplomatiques de Boumediene et de la Révolution algérienne, vient encore de prouver sa totale imposture historique. Il a refusé de recevoir l'envoyé spécial des putschistes mauritaniens et l'a fait savoir. C'est une première dans les annales des relations avec nos voisins que l'Algérie ne va pas tarder à payer par un rapprochement maroco-mauritanien. Avant cela, il donna une image désastreuse de la diplomatie algérienne quand il laissa Sarkozy s'improviser en porte-parole pour annoncer sa participation au sommet de l'UPM.

Depuis son installation à la tête de l'Etat, en Avril 1999, l'Algérie n'a pas cessé de collectionner les échecs diplomatiques. En total déphasage avec la réalité du monde d'aujourd'hui, Bouteflika, ses "hommes d'Etat", ses conseillers et ambassadeurs "chevronnés", septuagénaires et octogénaires commettent des erreurs, des catastrophes, des désastres.

Manque de réalisme, improvisation, valse-hésitation, navigation à vue, attentisme,… Sur tous les dossiers stratégiques qu'il devait gérer, l'Oujdi Bouteflika, «ses ministres et ses diplomates Marocains» ont eu tout faux et porté un très grave préjudice à la crédibilité de l'Algérie sur la scène internationale. OMC, UPM, Accord d'Association avec l'UE, Politique Européenne de Voisinage, Sahara Occidental, Médiation avec la Rébellion Touarègue, Traité d'Amitié et Repentance avec la France, Ligue Arabe, NEPAD, etc… sont autant d'échecs consommés. Avec une diplomatie à la dérive qui a perdu toute capacité d'initiative, d'action et de leadership qu'elle avait jadis, notre pays a plongé dans l'isolement et l'anonymat qui caractérisent un petit pays sans envergure, ni ambitions. Les puissances ne se rappellent de l'Algérie que pour son gaz.
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